Indicateur 24 du Référentiel National Qualité (critère 7) · Rythme trimestriel · Dernière analyse : octobre 2026 (T3) · Prochaine analyse : janvier 2027.
Florence Chatelot — Formatrice IA
À propos de l'auteure Florence Chatelot Formatrice IA & Consultante

J'accompagne des professionnels et des équipes à utiliser l'IA concrètement — sans jargon, sans gadget inutile. Mes formations et mes articles sont construits sur ce que je pratique et enseigne au quotidien.

451 apprenants · 4 730h de formation · +60 avis 5/5 Google · 23 avis 5/5 SuperProf

Cette veille porte sur le terrain dans lequel mes apprenants exercent : quels métiers l'IA transforme, quelles compétences deviennent attendues par les recruteurs, quelles tâches deviennent obsolètes, et quels nouveaux rôles émergent. L'objectif est direct : que chaque trimestre de veille se traduise par un ajustement réel de mes formations.

Sources actives

France Travail (fiches métiers et tendances d'emploi), OPIIEC (observatoire paritaire du numérique, du conseil et de l'ingénierie), France Compétences (référentiels de certifications et compétences émergentes), ainsi que les études sectorielles LinkedIn, APEC et Manpower sur les compétences IA recherchées, et le WEF Future of Jobs Report.

Méthode

Une analyse trimestrielle structurée autour de trois questions : quels métiers de mes secteurs d'intervention sont impactés (communication digitale, transformation numérique des TPE/PME, création de contenu, compétences bureautiques augmentées), quelles compétences IA deviennent attendues par les recruteurs, et quels nouveaux emplois émergent. Chaque trimestre se termine par une liste de recommandations opérationnelles pour mes parcours. Le prompt exact est publié dans l'accordéon de la page veille.

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Dernière analyse — T3 2026 (juillet–septembre)

Ce trimestre apporte enfin des chiffres officiels récents sur l'adoption réelle de l'IA dans les TPE/PME, un rapport de l'OCDE sur ses effets sur l'emploi, et un plan gouvernemental qui touche directement mon métier de formatrice. Le fil rouge : l'IA est déjà là chez mes apprenants, mais souvent sans cadre, sans formation et sans mesure de ses effets.

Chiffres-clés du trimestre

INSEE (juillet 2026). Selon l'Insee Première n° 2120, 18 % des entreprises de 10 salariés ou plus déclarent utiliser au moins une technologie d'IA en 2025, soit 8 points de plus qu'en 2024 : le taux a triplé entre 2023 et 2025. L'écart de taille reste massif : 58 % pour les entreprises de 250 salariés ou plus, 59 % dans l'information-communication. Plus de la moitié des entreprises utilisatrices disent être freinées par un manque d'expertise.

Bpifrance Le Lab (9 juillet 2026). Le 83ᵉ baromètre semestriel des TPE-PME (un peu plus de 4 600 répondants, mai-juin 2026) indique que 58 % des TPE-PME utilisent l'IA, générative ou non, et près de la moitié d'entre elles quotidiennement. Le marketing et la vente sont de loin le premier domaine d'usage. La majorité des usages relèvent de l'initiative des salariés, sans cadre formalisé. 43 % des dirigeants constatent une amélioration de la productivité des salariés, mais la grande majorité ne voit pas encore d'effet sur le chiffre d'affaires.

Baromètre France Num 2026 (septembre 2026). Le baromètre de la Direction générale des Entreprises mesure 40 % de TPE-PME utilisatrices d'au moins une solution d'IA (+14 points en un an, contre 26 % en 2025 et 13 % en 2024), et 53 % parmi les PME. Les usages : génération de texte, de voix ou d'images (34 %), chatbots, assistants ou recherche d'information (24 %), analyse de données (13 %). 19 % utilisent une solution payante. 68 % des utilisatrices jugent l'impact positif sur leur activité. 26 % des dirigeants citent le manque de compétences, de formation ou d'accompagnement comme frein au numérique.

Les écarts entre ces trois chiffres (18 %, 40 %, 58 %) tiennent aux périmètres et aux définitions : l'INSEE mesure des technologies d'IA déclarées par l'entreprise en 2025, France Num et Bpifrance interrogent les dirigeants en 2026 sur des usages plus larges, y compris individuels. La tendance, elle, est la même partout : forte hausse, et usage qui précède l'organisation.

Les effets sur l'emploi : ce que disent les institutions

OCDE. Les Perspectives de l'emploi 2026, publiées le 7 juillet 2026, concluent que l'IA ne provoque pas de baisse généralisée de l'emploi dans les pays membres : elle modifie les compétences recherchées par les entreprises et remodèle le travail. Le signal d'alerte concerne les jeunes diplômés du supérieur, dont l'entrée dans la vie active commence à être fragilisée et qui deviennent plus exposés au chômage que les autres travailleurs. Le rapport relève aussi que la France fait partie des pays où le chômage remonte le plus nettement.

Direction générale du Trésor. Le Trésor-Éco n° 391 « L'intelligence artificielle, quels effets sur l'emploi ? » (30 juin 2026) juge l'effet net encore indéterminé, entre substitution du travail et gains de productivité. Par prudence historique, il penche pour un scénario de destruction créatrice, mais n'exclut pas une substitution massive du travail qualifié si l'IA agentique et l'IA physique se généralisaient : plus de 40 % des professions dépasseraient alors le seuil de 30 % de tâches automatisables. Sa recommandation est explicite : un soutien des politiques publiques, notamment en matière de formation, est nécessaire.

Recrutement : on embauche pour des compétences nouvelles

ManpowerGroup, baromètre T4 2026 (septembre 2026). L'enquête mondiale sur les perspectives d'emploi affiche une prévision nette d'emploi de 29 % pour le 4ᵉ trimestre 2026 (+2 points sur un trimestre, +6 sur un an). Près des deux tiers des employeurs qui augmentent leurs effectifs recrutent pour de nouvelles capacités, et seulement un tiers pour remplacer des compétences à l'identique ; 62 % citent l'évolution des rôles et des compétences comme moteur. Le volet tech de la même enquête place en tête des compétences recherchées la communication, la collaboration et le travail en équipe (41 %) et le professionnalisme (37 %), devant le développement de modèles et d'applications d'IA (34 %) et la culture de l'IA, ou « AI literacy » (30 %).

APEC (mai 2026, après ma précédente analyse). L'étude « Les cadres et l'IA 2026 » (2 000 cadres interrogés en mars 2026) montre que la moitié des cadres utilisent l'IA au moins une fois par semaine, 15 points de plus qu'en 2025, et que 53 % des grandes entreprises prévoient d'accorder plus d'importance aux compétences en IA dans leurs recrutements de cadres. L'étude « Pratiques de recrutement de cadres 2026 » nuance côté recruteurs : seules 8 % des entreprises utilisent l'IA pour recruter des cadres, d'abord pour rédiger les offres, et à 74 % via des outils généralistes de type ChatGPT ou Mistral.

Politique publique : le plan « Impulsion IA 2027 »

Présenté le 22 septembre 2026 par le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, le plan « Impulsion IA 2027 » réunit 12 mesures et plus de 80 millions d'euros, avec l'ambition de former ou d'acculturer plus de 30 millions de personnes (France 24, 22 septembre 2026). Quatre mesures concernent directement mon activité :

Suivi des sujets identifiés en mai 2026

SujetStatutCe qui a changé
Compétences IA attendues par les recruteursConfirmationAPEC et ManpowerGroup : la culture de l'IA devient un critère de recrutement, à côté des compétences humaines
Besoin massif de formationÉvolutionLe plan Impulsion IA 2027 en fait une politique publique, avec une certification d'État à venir
Adoption de l'IA dans les TPE/PMEÉvolutionPremiers chiffres officiels 2026 : 40 % (France Num) à 58 % (Bpifrance), avec des usages surtout spontanés
Usages non encadrés à l'initiative des salariésNouveauBpifrance Le Lab : majorité des usages sans cadre formalisé
Insertion des jeunes diplômésNouveauOCDE : premiers signes de fragilisation de l'entrée dans la vie active
Seniors, public le moins forméSans nouvelle donnéeAucune publication du trimestre ne met à jour les chiffres OPIIEC de 2025

Recommandations opérationnelles pour mes formations

Ce que je mets déjà en œuvre

Voici ce qui est déjà en place dans mes formations.

Reste à formaliser

Journal des analyses précédentes

Chaque analyse trimestrielle reste consultable en entier, pour suivre l'évolution des sujets d'un trimestre à l'autre (nouveau, évolution, confirmation ou clos). Cliquez pour déplier.

Mai 2026 — premier état des lieux métiers et compétences

Première publication de cette veille trimestrielle, sans baseline antérieure à comparer : cette analyse sert de point de départ au suivi des sujets.

Chiffres-clés

16 % des emplois en France — environ 5 millions de postes — sont concernés par un risque significatif de transformation d'ici la fin de la décennie, selon l'étude Coface/Observatoire des emplois 2026. Le WEF Future of Jobs Report 2025 estime que 40 % des compétences requises sur le lieu de travail vont changer, et 63 % des employeurs citent déjà ce déficit de compétences comme leur premier frein. À l'inverse, le rapport OPIIEC de juin 2025 projette 45 000 emplois nouveaux dans la branche numérique, ingénierie, conseil et événementiel à horizon 3 ans, portés par la dynamique IA.

Les métiers directement concernés dans mes secteurs

Communication digitale et création de contenu. Les fonctions marketing et les métiers de conception/rédaction figurent parmi les plus exposés à l'automatisation selon l'OPIIEC. Les tâches routinières des graphistes, chargés de communication, rédacteurs web et community managers (gabarits visuels, brief créatifs, rédaction de posts) sont de plus en plus automatisables — leur valeur se déplace vers la direction artistique et l'intention stratégique.

TPE/PME en transformation numérique. L'OPIIEC pointe un risque d'automatisation élevé pour 5 % des métiers (agents d'accueil, enquêteurs) et un potentiel de transformation fort pour 30 % des métiers (technico-commerciaux, conseillers).

Fonctions RH et administratives. Pré-sélection de CV, prise de notes, rédaction de comptes-rendus, aide à la gestion contractuelle : l'APEC confirme que l'IA transforme déjà concrètement les pratiques de recrutement.

Compétences qui deviennent indispensables

Selon l'enquête BVA pour l'OPIIEC, le top 5 des compétences attendues par les entreprises : connaître les solutions IA répondant à un besoin (44 %), savoir concevoir des algorithmes de base (37 %), maîtriser le cadre juridique — IA Act, RGPD (35 %), accompagner les changements liés à l'IA (33 %), utiliser les solutions IA au quotidien (29 %). Le WEF y ajoute des compétences transversales en forte hausse : pensée critique, pensée analytique, créativité, résilience, curiosité.

Compétences qui deviennent obsolètes

Compétence ou tâcheRaison
Saisie et mise en forme documentaire manuelleAutomatisée par Copilot, Notion AI, ChatGPT
Recherche documentaire basiqueRemplacée par les IA de synthèse (RAG)
Production de visuels standards (templates)Automatisée par Midjourney, Firefly, Canva IA
Rédaction de comptes-rendus et PVPrise en charge par des outils de transcription IA
Pré-sélection manuelle de CVAutomatisée dans la plupart des ATS modernes

Nouveaux métiers qui émergent

L'OPIIEC identifie trois catégories de postes dans la branche numérique : ingénieur/spécialiste IA (31 600 emplois projetés en priorité), chef de projet IA (pilotage, formation des utilisateurs, conduite du changement), et data analyst augmenté. Hors branche technique, des rôles hybrides émergent, plus pertinents pour mes apprenants non-tech : responsable formation IA en entreprise, prompt engineer / coordinateur IA éditorial, et AI Manager / référent IA en TPE/PME.

Ce que disent les sources officielles

L'OPIIEC (juin 2025) confirme que 64 % des entreprises de la branche utilisent déjà l'IA au quotidien, 28 % ont créé des postes dédiés, et il faudra former 287 000 salariés supplémentaires d'ici 2030. Les seniors (55 ans et +) sont les moins formés (42 % sensibilisés contre 68 % chez les moins de 25 ans), et les femmes expriment le plus fort besoin en formation (86 %). France Travail vise à former 300 000 chercheurs d'emploi à l'IA d'ici fin 2025. Une coalition de 25 grandes entreprises tech s'est engagée, lors du WEF Davos 2026, à former 120 millions de personnes à l'IA d'ici 2030 — tandis que l'anxiété des travailleurs face à la perte d'emploi liée à l'IA a grimpé à 40 % en 2026.

Où vérifier cette veille

Le prompt utilisé chaque trimestre est publié dans l'accordéon de la page veille. Les apprentissages se retrouvent aussi dans mes articles et sur LinkedIn.